Côté Mum

Et si elle avait quelque chose à me dire?…

Vendredi dernier je ne travaillais pas. J’avais qu’une hâte c’était que l’on se réveille, sans réveil, que l’on se fasse des câlins, que l’on traîne en pyjama. La journée allait être belle, ensoleillée, et pleine d’amour ❤ …. Puis…la petite souris s’est levée…. Je lui ai demandé de mettre sa culotte, elle voulait que je la mette moi. J’ai dit non, elle a dit oui, j’ai redit non, elle a hurlé, j’ai hurlé…et j’ai eu envie m’habiller et d’aller travailler.

10 jours que les journées se suivent et se ressemblent, je m’égosille, elle s’égosille, nous nous égosillons, tous ensemble dans la joie et la mauvaise humeur. Je suis désespérée, elle est désespérée, nous sommes désespérés…( bref vous avez compris le principe). 10 jours que les comportements, et réactions à ces derniers sont complétement démesurés.

On va mal.

La psychologue systémicienne que je suis (systémie = famille= couple) dirait « vous êtes en crises, il est temps de s’écouter, tout doit faire sens, chaque comportement parle, rien n’est là au hasard » (ouais j’ai le culot de dire ça aux parents, alors que chez moi c’est le bordel… ouais ouais et j’assume !)

Dans les thérapies familiales, une règle d’or : la crise est bénéfique. Elle permet au système (la famille…MA famille) de se réinventer, de trouver un nouveau souffle. La crise est positive, nécessaire, voire même indispensable. Sans crise, on continue à foncer dans le mur, sans comprendre qu’il est temps de prendre un virage.

Je noircis, comme à mon habitude, le tableau, mais avouez qu’au moins ça vous parle ! La crise est là. Donc j’écoute, je réfléchis, et je remanie. What is the problem ? 😊

Je disais donc la souris nous casse les pieds. Elle va avoir 3 ans. Elle veut faire les choses toute seule, mais n’y arrive pas. Elle veut décider de tout, toute seule, mais ne peut pas.  Mais à la limite, ça, ce n’est rien. C’est la colère qui se dégage de chacune de ses prises de positions qui est insupportable. Tout est compliqué. Le levé est compliqué, l’habillage est compliqué, le repas est compliqué ect etc

Ces comportements compliqués s’appellent des comportements inappropriés. Et là je vous emmène dans le monde de mes copains de la « discipline positive ». Un monde qui me parle lorsqu’il s’agit d’écoute attentive et de compréhension des problèmes. Si ça marche, pourquoi s’en priver.

L’élue du jour sera Jane Nelsen et les « objectifs mirages » de la discipline positive.

L’idée : » Les comportements inappropriés portent des messages cachés difficiles à déchiffrer. Un enfant qui pleure pour un vêtement trop serré, pleure peut-être parce qu’il éprouve de la colère pour autre chose, un enfant qui ne veut pas aller au lit cache peut-être une peur du noir ou une angoisse de séparation la nuit tombée et ainsi de suite. Et dans ces cas-là, nous parents on fait quoi ? on SUR réagit : toujours pareil soit par le rapport de force, soit avec des explications qui ne tiennent pas debout. »

L’enfant à des besoins fondamentaux, les deux principaux sont :

  • Le besoin d’appartenir, de trouver sa place (famille, école…)
  • Le besoin de se sentir important.

Les enfants ont essentiellement besoin de sentir qu’ils sont à la hauteur, que leur présence est désirée. Un enfant qui se comporte mal serait un enfant découragé. Le comportement inapproprié est un message codé lancé par un enfant qui est découragé de ne pas réussir à combler ses deux besoins fondamentaux. Le vrai message qui se dissimule derrière un comportement inapproprié relève de l’un ou l’autre de ces besoins.

Vous l’aurez compris, ces comportements inappropriés sont appelés des objectifs mirages censés cacher un autre message. L’idée est de pouvoir identifier et comprendre ces objectifs, afin de pouvoir ajuster au mieux notre accompagnement, et surtout de moins culpabiliser.

Sur un niveau perso, en utilisant ces outils ou plutôt cette grille de lecture, j’ai compris pleins de choses sur le comportement de ma petite souris. Bien entendu le problème n’est pas résolu, mais déjà de comprendre, j’estime que la moitié du boulot est faite.

 LES 4 OBJECTIFS MIRAGES

  • Objectif mirage 1 : Accaparer l’attention

La croyance erronée est la suivante : « Je compte seulement quand ton attention est centrée sur moi » exemples types : vous faites la cuisine…elle se jette par terre et s’accroche à vos jambes en vous disant qu’elle veut les bras, vous sortez de la maison elle part en courant, vous entrez dans un magasin elle refuse de marcher à vos côtés…

Solutions possibles :  rassurer l’enfant « tu comptes pour moi. Je passerai du temps avec toi dès que j’ai fini cette tâche. », l’impliquer dans des tâches à responsabilités communes (dans les magasins les minis chariots sont tops), remarquer oralement (sans juger) ses efforts et ses tentatives pour être autonome, prévoir un temps exclusif avec lui.

  • Objectif mirage 2 : Prendre le pouvoir « laissez-moi participer, faites-moi choisir »

La croyance erronée est la suivante : « Je n’ai de sentiment d’appartenance que lorsque je suis en position de force ». Lutte de pouvoir, échange verbaux violents… Exemple type : l’habillage le matin, le « choix » du dessert etc etc

Solutions possibles : offrir des choix limités et appropriés, mettre en place des routines collaboratives « toi tu mets chaussettes et pantalon et moi je mets le haut parce que c’est plus compliqué », lui demander de l’aide et reconnaître que vous ne pouvez pas le forcer, collaborer avec l’enfant pour établir des règles, reconnaître ses émotions, dire « nous » au lieu de « tu », ne pas lui donner d’ordre

  • Objectif mirage 3 : Prendre une revanche

La croyance erronée est la suivante : « Je n’ai pas de sentiment d’appartenance ; je souffre mais je peux au moins rendre la pareille en faisant souffrir l’autre. » Je crois malheureusement qu’on se situe très souvent dans cette case… ☹

Solutions possibles : l’aider à verbaliser ce qu’il ressent « je vois que tu es blessé… », reconnaitre notre responsabilité et réparer, partager nos propres sentiments et exprimer nos propres besoins (il apprendra ainsi à le faire aussi), et relire l’article sur les émotions… 😊

Objectif mirage 4 : Conformer une croyance d’incapacité

La croyance erronée est la suivante : « Je n’arrive pas à appartenir, ni à avoir de l’importance, ni à me sentir capable, c’est tout simplement impossible. Je me désengage. »

Solutions possibles :  enseigner les compétences sans faire à la place de l’enfant, célébrer les succès (les activités extra-scolaires sont parfaites pour ça), déléguer des tâches, remarquer et encourager toute initiative, faire confiance « j’ai confiance en tes compétences pour trouver une solution », ne pas juger ni comparer.

Que nous dit Jane Nelsen et sa théorie ? un enfant qui se comporte mal a toujours quelque chose à nous dire… Comment savoir si je suis en face d’un objectif mirage :

Nos propres émotions constituent un premier indice des objectifs mirages en présence.

si nous ressentons de l’irritation, de l’inquiétude, de la culpabilité ou de l’agacement, l’objectif mirage est probablement « accaparer l’attention ».

si nous nous sentons menacé dans notre autorité ou agressé, l’objectif mirage est probablement « prendre le pouvoir ».

si nous sentons blessé, incrédule, déçu, l’objectif mirage est probablement « prendre une revanche ».

si nous nous sentons impuissant, désespéré, démuni ou que nous avons envie d’abandonner, l’objectif mirage est probablement « conformer une croyance d’incapacité ».*

Jane Nelsen

Cette façon de voir les choses a vraiment du sens, elle semble m’ouvrir les yeux sur pleins d’incompréhensions. Pour une fois elle semble assez cohérente et pas trop farfelu (pas de poussée d’urticaire en vue )…J’espère vous avoir aidé ou éclairé… maintenant dites-moi que vous aussi vous avez envie de les enfermer (j’ai tellement besoin de déculpabiliser) , et de fuir loin loin loin 😊

 

Ps : le fin mot de la petite histoire de la petit culotte…elle n’avait pas d’étiquette ni de petit nœud (« l’étiquette derrière, et le petit nœud devant »)…du coup elle ne savait pas comment s’y prendre….

A avoir dans sa bibliothèque magique : La discipline positive en famille et à l’école comment éduquer avec fermeté et bienveillance Jane Nelsen, Béatrice Sabaté

8 réflexions au sujet de “Et si elle avait quelque chose à me dire?…”

  1. Oui j’ai envie de l’enfermer!!! Mdr
    Tous tes articles m’apprennent beaucoup, et m’aident à comprendre certains comportements de ma fille
    Tu voudrais pas nous voir en thérapie…lol!j’ai encore tellement de questions sans réponse
    Bises

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  2. Finit le bébé docile, j’avais lu un article les 3 ans, 1ère crise d adolescence. Ils prennent conscience du non, veulent s’imposer, essaient de tout négocier. C’est vrai que c un âge où les journées peuvent être compliquées. Il faut apprendre l art de la négociation. De temps en temps, leur laisser prendre la main afin que toutes leur négociations ne soient pas peine perdues, c est quand même important pour leur donner confiance. puis un jour ça passe… et elle te demandera le 1er homme qui vivait sur terre, celui qui n avait pas de mère et qui était tout seul, comment il est naît? En attendant courage, ne pas baisser les bras – m*** ils n’ont que 3 ans 😉 et tout rentrera dans l’ordre (a peu près)… jusqu’à la vrai crise d adolescence!

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    1. je suis d’accord avec l’art de la négociation. tout passe par là. savoir baisser les armes ou en tout cas lui donner l’impression qu’on les baisse. C’est quand même un age compliqué par tout ce qu’ils ressentent sans forcement avoir les « mots » pour l’exprimer. on a aussi tendance à les vouloir grands et autonomes très vite…puis la crise d’ado arrive et il nous reste que les yeux pour pleurer lol. Mais tu y passeras avant moi hihihi!!

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  3. MercI pour l’article mais on attend toujours le livre 📚 car on a des milliers de question s’en ai jamais assez 😜
    Moi pour les grosse colères je lui demande de souffler très fort pour sortir le monstre pas content qui est dans son ventre et SA MARCHE et parfois quand moi meme je suis agacé il vient et me dit maman sort ta colère souffle 😂

    Aimé par 1 personne

  4. C’est ce que j’appelle se poser et s’accorder le temps qu’il faut pour penser les choses autrement… prendre du recul… voir derrière les apparences de la « crise »… bref, c’est peut-être « facile » à dire … mais ça va déjà mieux en le disant, chez moi en tous cas…ça me rappelle qu’il y a forcément une issue favorable dans la difficulté du moment… et il y en a plein! Je confirme. Mais on avance!! Et tu y parviens avec brio toi aussi!! 🙏🙏keep going!! 😘

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  5. Très intéressant et explicite 😁 je pense même l’utilisérieux sur mon conjoint lol. Merci !!!
    PS: tu n’est pas la seule à vouloir partir loin loin des fois 😜

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