Côté Mum

Gérer les émotions #1

Il y a quelques mois maintenant la petite souris s’est mise à faire des grosses crises de colère. Non, pas juste des crises de colère, LA crise de colère, celle dont on se dit « c’est pas possible cette gosse à un problème ».

Ma petite souris est caractérielle, une vraie boule de feu, elle sait ce qu’elle veut {déjà ?!?}, et à l’aube de ses trois ans et de tout le remue-ménage intérieur que cela provoque, je vous laisse imaginer les dégâts. Bien évidemment comme toute bonne maman qui se respecte j’ai d’abord fait le choix de faire TOUT DE TRAVERS (avant de me raviser bien entendu).

  • J’ai puni {bah la base quoi ! rien de mieux qu’une petite humiliation au moment où on est débordé par les émotions, là comme ça entre deux cris. C’est super pédagogique, simple et inefficace}
  • J’ai bien dû filer une ou deux petites tapes sur ses jolies fesses rondouillettes… aussi violent qu’inutile.
  • J’ai demandé « pourquoi ? » et elle m’a répondu {je vous le donne en mille} …. « parce que ! » bien évidemment !
  • J’ai pleuré…ça se passe de commentaire…

Puis j’ai réfléchi… Normalement je réfléchis au boulot et je pose le cerveau au même endroit que mes chaussures lorsque je rentre à la maison. Bon là, j’ai décidé de garder mon cerveau à la maison.

Dans mon boulot justement, j’adore l’animation de groupe. Le groupe c’est ma passion, et les groupes d’ados encore plus. Les ados c’est mon dada ! C’est mon quotidien, et je ne m’en lasse. Avec ces ados, je travaille beaucoup autour des émotions ou plutôt de la gestion des émotions. C’est mon sujet de prédilection, et quand on parle d’émotion THE NUMBER ONE IS la colère !

Une de nos responsabilités en tant que parent c’est d’accompagner nos fripouilles à avoir suffisamment confiance en eux, de sécurité intérieure et d’autonomie, à se construire une personnalité forte pour appréhender le monde qui les entoure {ça met la pression pas vrai ?!}.

Les émotions c’est la preuve que nous sommes vivants. Joie, colère, amour, tristesse, dégoût… Les émotions sont au cœur du sentiment de soi.C’est pourquoi il est essentiel de les exprimer, au contraire des sentiments ! Exprimer une émotion, la libère, exprimer un sentiment le renforce!
La peur aide à se préparer et à se protéger ; la tristesse accompagne les deuils ; la joie c’est l’exclamation, elle nous dynamise, nous guide et favorise l’apprentissage ; la colère définit nos limites, nos droits, notre espace, notre intégrité, elle est réaction à la frustration ; l’amour nous relie à autrui.

La colère est une émotion saine {si, si j’te jure !} elle vient nous parler et nous raconter quelque chose. Oui mais quoi?!

Allez au boulot ! j’ai donc décidé de faire un pas de côté {alors ça c’est bien une expression de psy !} et plutôt que de vouloir soigner j’ai décidé d’accompagner ma petite souris dans ce passage douloureux.

Je suis persuadée (ou plutôt Isabelle Filliozat m’a convaincu) que le caprice n’existe pas, je parlerai plutôt d’enjeux de pouvoir, mais ça je le garde pour une autre fois.

Comment puis-je l’aider à avoir conscience de ce qui se passe en elle ? c’est la question qu’il faut que l’on se pose de façon automatique, nous les parents. Alors on a emprunté un nouveau chemin…

  • Nos étapes, notre chemin vers la paix du logis (je blague, la paix ça n’existe pas, sauf pour certains parents chanceux ça s’appelle la nuit !) :
  1. On a identifié et nommé les émotions : colère, peur, tristesse, joie, dégout… Il existe des petits bouquins sympas pour les enfants pour les aider à mettre un nom sur leurs émotions, on peut aussi le faire avec des dessins pour les plus grands.
  2. On s’est encouragé à libérer nos émotions : « tu as l’air en colère tu peux crier ou pleurer tu as le droit » et croyez-moi on est ridicule au moment où on le dit mais ça marche ! Par la même occasion j’ai verbalisé les miennes, je m’autorise à dire quand je suis en colère, triste ou contente.
  3. J’ai essayé de respecter et d’accueillir ses émotions : je pense que c’est là l’étape la plus importante. On fait beaucoup de chose par automatisme, on verbalise peu, et on demande à nos monstres de suivre sans discuter. On leur explique que « ce n’est pas le moment de pleurer » ou « qu’ici, c’est pas l’endroit où on fait du cinéma »…Ouais …sauf que moi quand je suis énervée je choisis ni mon moment ni l’endroit. Alors pourquoi on leur demande à eux ?
  4. Une fois accueillies {les émotions}, quand la crise est là mais aussi après, j’ai pris pour habitude de demander à ma petite souris ce qu’elle ressentait à ce moment. En fait, j’ai changé mon fusil d’épaule, et plutôt que de demander « pourquoi tu pleures {bordel de m*****}? » je demande « qu’est ce qui se passe dans ton bidou ? » ou « qu’est-ce que tu ressens ? » {Oui là aussi on est ridicule à ce moment-là, mais faut s’qui faut ma p’tite dame !} Et oui ,parce que si c’est une émotion on la ressent.
  5. Je propose mes bras… après chaque crise de colère j’ai remarqué que ma petite souris était complètement déboussolée. En fait, la colère je l’imagine comme une grosse vague qui vient te submerger. Une fois qu’elle se retire, t’es juste EN VRAC. Alors je propose une aide pour redescendre sur terre, pour s’apaiser, se calmer et quoi de plus sécurisant que les bras de maman ?

Et depuis ? Alors ça marche ?

Ma petite souris est toujours aussi caractérielle, les crises de colère existent encore MAIS beaucoup plus nuancées et surtout on arrive à les calmer. En changeant de méthode on a aussi dédramatisé la colère, et du coup quand on dédramatise et qu’on autorise et laisse la place, ça explose beaucoup moins fort.

Voilà les filles…c’était peut-être un peu long, mais vous l’aurez compris ce sujet « m’anime » !

Allez, à votre tour !

 

A avoir dans sa bibliothèque magique : Au cœur des émotions de l’enfant d’Isabelle Filliozat (édition Marabout, Collection Poche Enfants Education, 322 pages)

 

 

 

 

 

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